La requête « enfait ou enfaite » figure parmi les hésitations les plus tapées sur les moteurs de recherche français. Derrière cette question de graphie se cache un problème plus large : chaque faute dans un mail ou un CV modifie la perception du destinataire. Selon France Travail, plus de huit recruteurs sur dix se disent sensibles à l’orthographe des candidatures. Comprendre pourquoi « en fait » s’écrit en deux mots permet d’éliminer ce type d’erreur avant qu’elle ne coûte un entretien.
En fait, enfait, enfaite : tableau des formes et de leur statut
La confusion vient de l’oral. La liaison entre « en » et « fait » donne l’impression d’un seul bloc sonore, et beaucoup de locuteurs ajoutent un « e » final par analogie avec « faite » (participe passé de « faire » au féminin). Le résultat : trois graphies circulent dans les mails professionnels, alors qu’une seule est correcte.
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| Forme | Statut | Explication |
|---|---|---|
| en fait | Correcte | Locution adverbiale figée, signifie « en réalité ». Invariable, toujours en deux mots. |
| enfait | Incorrecte | Soudure fautive. Le mot n’existe pas dans la langue française. |
| enfaite | Incorrecte | Soudure fautive avec ajout d’un « e » par confusion avec le participe passé « faite ». |
| en faite | Incorrecte (dans ce sens) | « Faite » existe comme nom (le faîte d’un toit) ou participe, mais la locution adverbiale s’écrit avec « fait » sans « e ». |
« En fait » s’écrit toujours en deux mots, sans « e » final. C’est une locution figée depuis le moyen français. Aucun contexte professionnel ne justifie une autre graphie.

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Pourquoi cette faute pèse plus lourd dans un CV ou un mail
Une candidature avec des fautes d’orthographe a, selon l’étude de la chercheuse Christelle Martin-Lacroix relayée par Direct Emploi, trois fois moins de chances d’être retenue qu’une candidature sans faute, même à expérience égale. Les recruteurs y voient un manque de rigueur et de professionnalisme.
La faute « enfait » ou « enfaite » pose un problème supplémentaire par rapport à une simple coquille. Elle signale une méconnaissance de la graphie standard d’un mot très courant. Dans un mail adressé à un client ou un responsable, cette erreur saute aux yeux dès la première ligne.
Le filtre invisible des logiciels de tri
Les contenus concurrents insistent sur l’orthographe visible, celle que le recruteur lit. Ils abordent moins la question des outils de tri automatisé (ATS) utilisés en amont. Une faute sur un mot-clé métier peut empêcher sa reconnaissance par l’ATS, ce qui écarte la candidature avant même qu’un humain ne la lise.
Corriger un CV ne se limite donc pas à traquer les accords et les conjugaisons. Il faut aussi vérifier que les termes techniques du poste visé (intitulé de fonction, compétences, certifications) sont orthographiés exactement comme dans l’offre d’emploi.
- Comparer chaque mot-clé du CV avec le libellé exact de l’annonce, caractère par caractère
- Vérifier les noms de logiciels, de certifications et de diplômes (un « S » manquant sur « Microsoft Teams » ou un accent oublié sur « Diplôme d’État » suffit)
- Tester la lisibilité du document en le collant dans un éditeur de texte brut pour repérer les caractères parasites issus d’un copier-coller
Correction orthographique : ce qu’un correcteur automatique détecte et ce qu’il rate
Un correcteur en ligne comme ceux intégrés aux navigateurs ou aux logiciels de traitement de texte repère la plupart des fautes de frappe. Il souligne « enfait » en rouge. En revanche, il laisse souvent passer « en faite » car les deux mots existent séparément dans le dictionnaire.
C’est la limite principale des outils automatiques : ils vérifient l’existence d’un mot, pas toujours sa pertinence grammaticale dans la phrase. Un correcteur plus avancé (Projet Voltaire, Antidote, LanguageTool) analyse le contexte syntaxique et signale « en faite » comme suspect quand il est employé comme locution adverbiale.
Grammaire, typographie, formulation : trois niveaux distincts
Corriger un mail professionnel demande de séparer trois passes de relecture :
- La passe orthographique et grammaticale : accords, conjugaisons, graphie des locutions figées comme « en fait », « en effet », « quand même »
- La passe typographique : espaces avant les signes doubles (point-virgule, deux-points), majuscules aux noms propres, cohérence des tirets dans les listes
- La passe de formulation : phrases ambiguës, tournures qui pourraient être mal interprétées, mots-clés métier absents ou mal orthographiés
Les concurrents regroupent souvent ces trois niveaux sous le conseil générique « relisez-vous ». Séparer les passes rend la relecture plus efficace, car le cerveau ne peut pas traquer simultanément une faute d’accord et une incohérence de sens.

Relecture par un tiers et lisibilité technique du document
France Travail recommande de faire relire sa candidature par une personne extérieure. Ce conseil simple reste sous-utilisé. Un relecteur externe repère en moyenne des erreurs que l’auteur ne voit plus après plusieurs relectures, parce qu’il lit le texte sans en connaître l’intention initiale.
La lisibilité technique du document compte autant que l’orthographe. Un CV conçu avec des colonnes complexes, des icônes ou des polices décoratives peut devenir illisible une fois traité par un ATS ou ouvert sur un autre système d’exploitation. Une structure simple, des rubriques claires et une police neutre garantissent que le contenu reste intact du premier envoi jusqu’à l’écran du recruteur.
Le cas du mail de candidature
Le corps du mail est souvent rédigé à la hâte, après avoir peaufiné le CV et la lettre de motivation. C’est pourtant le premier texte lu par le destinataire. Un « enfaite » ou un « cordialement, » sans majuscule dans cet espace réduit attire l’attention immédiatement.
Appliquer la même rigueur de relecture au mail qu’au CV élimine ce décalage. Trois lignes suffisent pour un mail d’accompagnement : objet du message, poste visé, formule de politesse. Moins il y a de mots, moins il y a de risques de faute, et plus chaque erreur restante devient visible.
La correction d’un mail ou d’un CV repose sur une combinaison de réflexes simples : connaître les pièges courants comme « en fait » en deux mots sans « e », utiliser un correcteur avancé, séparer les passes de relecture et faire lire le document par quelqu’un d’autre avant envoi. Ces quatre étapes ne demandent pas de maîtriser parfaitement la grammaire française. Elles demandent une méthode, appliquée à chaque envoi.

